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Surmonter ses petites peurs et ses grosses frayeurs

27 oct 2012 à 14h14 par Wallace .
 

Ça y est, les gamins sont en vacances, et Halloween tombe pendant leurs congés. 

Tant mieux ! Ils vont aller faire leur petit numéro de Frankenstein ailleurs !

Non mais c'est vrai, quoi... 

À chaque fois, c'est le même scénario, y sont là à rentrer dans le salon de coiffure, à mendier quelques douceurs en échange de la vie sauve... 

Laissez-moi rigoler ! 

Si y croivent qu'y vont m'impressionner ! Peuh ! Même pas peur ! 

Mais y'en a qu'ont peur, pas moi hein, mais d'autres chiens, oui ! 


Tenez, l'autre jour, j'ai vu mon gros poto de labrador, y s'était caché tout tremblant sous un banc public, parce qu'une smala de mioches passait sur le trottoir, tous maquillés, l'un avec des moustaches de tigre, l'autre en princesse...  

Moi, j'les avais vus arriver de loin, alors j'me fendais bien la poire, caché derrière un platane, mais mon véto est arrivé à l'improviste, ce qui m'a valu une belle réprimande.


Le véto :  C'est pas gentil, ça, Wallace, de se moquer de tes congénères...


Wallace :  Non mais t'as vu, y flippe avec un pseudo-tigre et une simili-princesse ! 

Qu'est-ce que ça s'ra avec des zombies et des sorcières ?! 

Çui-là, faut lui payer un stage en immersion complète à Zombiland pour lui éprouver les nerfs !


Le véto :  Il n'y peut pas grand chose, et ta proposition ne peut que compliquer les choses.


Wallace :  Arrête, Doc, il faut juste qu'il affronte ses peurs, c'est tout !


Le véto :  Il doit apprivoiser ses peurs, ce qui n'est pas du tout la même chose.


Wallace :  Bon, vas-y, explique-toi, je sens que le sujet te tient à cœur...


Le véto :  Pour comprendre, il faut faire comme si l'objet de la peur était une personne à part entière, ou, si tu préfères, un autre chien.


Wallace :  Bon, ok, je suis sceptique, mais admettons.


Le véto :  Pour une raison ou une autre, cet individu t'effraie. 

Ça peut être à cause de sa taille, de son aspect, de son comportement, ou quoi que ce soit d'autre.


Wallace :  Vas-y, je suis toujours.


Le véto :  Tu as deux possibilités. 

La première consiste à "éliminer" cet individu, ce qui, en cas de réussite, te libère du problème qu'il te pose.


Wallace :  Super. On fait comment ?


Le véto :  Tu dois l'affronter.


Wallace :  Et si c'est lui qui gagne ?


Le véto :  Tu perds.


Wallace :  Oui, merci, j'ai bien compris. Ça veut dire quoi, puisque c'est une peur, mais pas un vrai "ennemi" ? Waow, c'est n’import'nawak cette discussion.


Le véto :  Mais non, c'est pas n'importe quoi. Ce sont juste des métaphores pour t'aider à comprendre des concepts un peu abstraits. 

Si la peur gagne, elle prend le contrôle de ton esprit. 

Elle te fait faire des choses que tu n'aurais jamais faites sinon. 

N'oublie pas, tout se passe dans la tête, mais c'est ton cerveau qui bouge ton corps. 

Or, à ce moment précis, ton cerveau est dirigé par ta peur.


Wallace :  J'aime pas les métaphores. Essaie avec un exemple.


Le véto :  Ok. Tu traverses la rue. Une voiture fonce vers toi. Tu sais que tu devrais te déplacer pour l'éviter, mais tu as une peur bleue des voitures (pour une raison qui t'appartient) et tu restes figé par la peur en plein milieu de la rue. 

La voiture arrive, et paf ! le chien.


Wallace :  Ah non, je veux pas finir comme ça, moi ! T'es trop horrible, comme véto !


Le véto :  C'est pour ça qu'on utilise des métaphores, Wallace, c'est pour enlever l'émotion, comme si on décrivait un tableau, de loin. 

On se sent moins concerné, et ça aide à réfléchir plus efficacement.


Wallace :  Ok, t'as gagné, on continue avec les métaphores.


Le véto :  Tu as remarqué, dans mon exemple sur lequel je ne reviendrai pas par égard pour toi, que j'ai dit : figé PAR la peur. 

C'est elle qui décide. Ce n'est plus toi qui décide. 

Si la peur te commande, elle peut te pousser à te défendre même si le danger n'est pas réel. 

De nombreuses morsures sont infligées par des chiens qui paniquent alors que l'on veut juste les caresser, par exemple. 

La peur est une conseillère, rien de plus. Il faut entendre ce qu'elle te dit, mais il ne faut pas la laisser décider à ta place de ce que tu dois faire.


Wallace :  Ok. On fait quoi, alors, contre cette peur ?


Le véto :  Si l'affronter est un match à l'issue incertaine, il existe une autre possibilité : essayer de l'apprivoiser.


Wallace :  Je sens que tu vas encore utiliser une métaphore...


Le véto :  En général, on a peur de ce qu'on ne connait pas. 

Et comme disait le renard au Petit Prince, on ne connait que les choses qu'on apprivoise.


Wallace :  C'est qui, ce renard ? J'aime pas tellement les renards, moi. J'y peux rien, c'est dans mes gènes.


Le véto :  Celui-là, c'est un peu particulier, il gagnait à être connu. C'est un peu long à expliquer, je t'expliquerai un autre jour.
 


Wallace :  Bah non, vas-y, maintenant que tu m'as fait saliver, je ressemble à un chien de Pavlov...


Le véto :  Ah mais je vois que môssieur a des références !


Wallace :  C'est ça, moque-toi. Figure-toi qu'il y a des gens distingués qui viennent au salon de mon humaine. Et les gens, ça cause...


Le véto :  Et les chiens, ça écoute !


Wallace :  Parfaitement, môssieur ! Bon, ce renard ?


Le véto :  Il disait qu'il faut être très patient, pour apprivoiser sa peur. “Tu t'assoiras d'abord un peu loin d'elle, comme ça, dans l'herbe. Elle te regardera du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près”...
 


Wallace :  Tu parles comme un livre, Doc...


Le véto :  Tu ne crois pas si bien dire !


Wallace :  Et pour mon gropoto de labrador, comment je fais, moi, pour qu'il ne file pas se jeter sous les roues d'une voiture au premier zombie qui pointe son nez ?

Je ne vais pas lui raconter des histoires pour enfant !


Le véto :  Ah, tu aimes bien te moquer de lui, mais...


Wallace :  ... mais je ne pourrai plus me moquer quand il ne sera plus là pour me faire rigoler ! 

Allez, maintenant, il faut que tu me trouves une solution !


Le véto :  En fait, à chaque fois qu'il essaie d'apprivoiser sa peur des costumes, il manque de temps pour ça, et sa peur se renforce au lieu de s'affaiblir. 

Pour l'aider, il faudrait déjà qu'il prenne du Zylkene - ça décontracte les méninges - pendant quelques jours avant d'être confronté à la prochaine invasion d'extraterrestres, et surtout, surtout, qu'il ait la possibilité d'observer de loin ce genre de personnage bizarre, sans qu'on le force. 

Je veux bien parier que la curiosité finira par l'emporter et qu'il découvrira par lui même, mais à son rythme, que ces affreuses sorcières ne sont que des enfants avec des chapeaux pointus.


Wallace :  Et tu crois que si je me plante une fausse hache en travers du crâne et que je me couche dans une mare de faux sang en travers du trottoir juste au moment de sa promenade, mais sans le poursuivre façon zombie, il peut finir par apprivoiser sa peur ?


Le véto :  Oui, oui, c'est possible, mais uniquement si ta maitresse, je veux dire ton humaine, ne fait pas une crise cardiaque en te voyant dans cet état, et que les pompiers arrivent, parce que dans ce cas, je veux bien parier que ton copain labrador, il va filer ventre-à-terre (ou chier dans la brise, mais ça, c'est pour les initiés), et on ne le reverra pas de sitôt !


Wallace :  Bon, je vais essayer de rester à ses cotés pour le rassurer au prochain défilé de zombies...


Le véto :  C'est une très bonne idée, car de voir que tu n'as pas peur ne peut que le rassurer.


Wallace :  C'est la jeune génération, que veux-tu, je me sens un peu responsable...


Le véto :  Mais c'est tout à ton honneur, mon cher Wallace !


Wallace :  Allez, ciao, Doc, et fais gaffe aux vampires !


Le véto :  Bien sûr, et en parlant de vampires, fais donc attention aux tiques et aux puces, c'est la saison du regain, avec les températures très douces qu'on a eu ces temps-ci et depuis que le chauffage a été allumé dans les habitations, ça pullule !


Wallace :  T'inquiète, j'ai la protection maximale, mon humaine, elle a la phobie des petites bêtes !


Le véto :  Si ça, c'est pas à-propos...


Wallace :  C'est fou, non ? En tout cas, toi, tu crains rien, passeque les petites bêtes, on les verrait jouer à la pelote basque sur ton crâne dégarni !


Le véto :  Merci Wallace, je sais que je peux toujours compter sur ta gentillesse.


Wallace :  Que veux-tu, la gentillesse, on baigne dedans par les temps qui courent. On pourrait même penser qu'elle est de saison... depuis plusieurs années ! J'ai pas besoin d'en rajouter !


Le véto :  Pour une fois, je suis bien d'accord avec toi. Bonne journée, Wallace.


Wallace :  Prends soin de toi, Doc !


Finalement, le Doc, il est comme ce renard un peu spécial dont il m'a parlé, il gagne à être connu !

Commentaires

1. Par Féérie, le 03 mars 2013 à 17h35
Féérie

Oh oui il gagne à être connu ton véto Wallace ! Fée devrait aller le voir pour essayer de surmonter sa peur des gros chiens ! Merci Wally pour ces petits conseils donnés au cours de ta conversation avec le véto :) !

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